Boitiers

Objectifs

Bokeh

Etc. 

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Leica M3 et M4

Ce M3 portant le numéro 783 631 est mon premier Leica, un modèle de 1955 à double armement ici équipé d'un objectif 50 mm DR et d'un posemètre Voigtländer ; l'un de mes M4 date de 1969, un autre de 1968. Pourquoi plusieurs boîtiers ? Et faut-il pour pratiquer la street photography avec plusieurs boitiers autour du cou, sur les épaules, en main ? Le viseur du M3 est particulièrement adapté aux focales 50 et 90 mm, le M4 est idéal pour les focales 35 mm et 50 mm, avec l’avantage que l’on peut voir aussi ce qui se trouve en-dehors du cadre collimaté pour décider tout en gardant le viseur à l’oeil si l’on va exclure ou inclure ce qui se trouve à la périphérie. Avoir plusieurs boitiers permet d’utiliser presque simultanément différentes focales. La discrétion et l'effacement étant nécessaires pour qui pratique la street photography, on veillera si possible à ne pas surjouer le style David Seymour ou Robert Capa. 

50mm

La focale de base et la plus nécessaire pour le street photographer. J’en utilise trois, un Summicron de 1957, un Elmar f2.8 à monture rentrante de 1960 -qui me rappelle le geste de James Mason dans le film de Mankiewicz "Five Fingers"- ainsi qu'un Summicron de 1957 à mise au point rapprochée (le nom de cet objectif est suivi des lettres NF pour « near focus » ou encore DR pour « dual range »). Complété d'une monture qui supporte des lentilles et se place devant le viseur et le télémètre pour les distances rapprochées, il permet de s’approcher à 19 inches du sujet, soit un peu moins de 50 cm. C’est un objectif ingénieux et multifonctionnel, s'il n'en fallait qu'un ce serait celui-là.

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90mm

Si l’on est, comme je le suis, attaché au principe du liseré noir qui encadre l’image et interdit par conséquent tout recadrage, on ne peut qu’être inquiet à l’idée de voir apparaître autour du sujet  des éléments indésirables ; je déteste les sacs en plastique, les voitures modernes et les joggings, et prends donc grand soin de les éliminer du cadre. La focale de 90 mm peut apporter une réponse satisfaisante, réduisant à la fois le cadre de la prise de vue et la profondeur de champ, créant un flou de mise au point (encore appelé « bokeh », voir ci-dessous) qui permet  un effet désirable d’estompage progressif des éléments secondaires de l’image. Cet Elmar 90 mm est à monture rentrante, son encombrement est faible en position rentrée (même si son poids reste élevé); un accessoire permet de l'utiliser pour la macrophotographie, mais on s'éloigne là de la street photography classique.

35mm

Le 35 mm est une focale que je n'utilise pas très souvent, mais comme c’est un objectif peu encombrant et relativement léger, il trouve facilement sa place au fond d’une poche ou d’une besace. Ce peut être une focale utile en street photography, pour sa grande profondeur de champ mais aussi parce qu'il permet de photographier discrètement un sujet placé sur le bord du cadre, qui ne se doute pas qu'il est photographié puisque le centre de l'objectif ne lui fait pas face. Il m'est arrivé pour cette raison, d'utiliser un 21 mm qui accentue encore ces caractéristiques, mais l'obligation d'utiliser un viseur séparé et la déformation propre au grand angle rendent son usage délicat.

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Bokeh

Bokeh est un mot japonais qui signifie flou. On l’utilise en photographie depuis quelques années pour désigner la recherche de l’effet produit par le flou de profondeur de champ (par opposition au flou de mouvement). Le flou sera d’autant plus prononcé que l’on travaillera à grande ouverture, la fermeture du diaphragme augmentant la profondeur de champ. 

Le bokeh permet d’estomper avec élégance les parties de l’image qui sont situées en dehors du plan de mise au point, la partie floue de l’image devenant plus ou moins indistincte, comme dans l’impressionnisme ou le pointillisme. Certains objectifs sont plus appropriés que d’autres pour produire un beau bokeh, certains sont meilleurs pour le bokeh avant le plan de mise au point, d’autres après, d’autres avant et après, d’autres enfin donnent un mauvais bokeh. 

On voit dans nombre de vieux films d’excellents exemples de bokeh, le flou du premier plan signifiant que celui-ci devient secondaire, tandis que l'attention du spectateur est attirée par l'arrière-plan sur lequel est effectuée la mise au point.